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L'immolation de Thich Quang Duc, le moine qui a fait basculer l'histoire du Vietnam
"L'Obs" - 19 août 2017

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© Malcolm Browne - AP - SIPA

Pour la troisième année consécutive, "l'Obs" revient cet été sur plusieurs photos qui ont marqué l'histoire. A la une des journaux, dans les pages de nos livres d'école ou arborées fièrement sur nos tee-shirts, elles ont fait le tour du monde. Mais connaissez-vous l'histoire secrète de ces clichés mythiques ?
Le mardi 11 juin 1963 à 9h17, le moine bouddhiste Thich Quang Duc, 66 ans, émerge d'une Austin bleu marine accompagné de ses disciples et s’assoit en position du lotus au croisement de deux rues fréquentées du centre de Saigon, un chapelet dans la main. L'acte qu'il s'apprête à commettre va changer l'histoire de son pays.
En mai 1963, les bouddhistes, accusés d'être sensibles aux sirènes communistes, se voient interdire d'utiliser leurs drapeaux religieux pour les fêtes de Vesak, l'anniversaire de Bouddha. Les protestations qui s'ensuivent sont très durement réprimées : le 8 mai, neuf civils non armés, faisant flotter le drapeau bouddhiste, sont tués à Huê. Le régime Diêm accuse le Vietcong d'attiser le désordre.
Le lundi soir suivant, Malcolm Browne, correspondant à Saigon de l'agence Associated Press, reçoit un appel téléphonique de la pagode Xa Loi lui conseillant de se rendre, le lendemain matin, dans une rue jouxtant l'ambassade du Cambodge. Le journaliste américain de 31 ans, sur place depuis un an et demi, comprend que les bonzes préparent quelque chose.
"Deux jeunes moines sont sortis d'une voiture. Un moine plus âgé, légèrement appuyé sur l'un d'eux, est sorti aussi, avant de se diriger tout droit vers le centre du carrefour. Les deux jeunes moines ont apporté un jerrican en plastique, qui contenait manifestement de l'essence. Dès que le plus âgé s'est assis, ils l'ont aspergé de liquide. Il a sorti une allumette, l'a craquée, et l'a lâchée sur ses genoux. Aussitôt, les flammes l'ont englouti. Tous les témoins de la scène étaient horrifiés. C'était aussi terrifiant que ce que je redoutais."

Lire l'intégralité de l'article : "L'Obs" - article de Timothée Vilars, publié le 19 août 2017