Birmanie

185 monuments de Pagan détruits par un tremblement de terre

Bagan_Tremblement-de-terre_2016.jpgQuelques jours après le séisme qui a frappé la Birmanie, le 24 août au soir, et qui a fait trois morts, on en sait un peu plus sur les dommages patrimoniaux qu’il a causés dans le site archéologique et sacré de Bagan - anciennement dénommée Pagan.
Ce sont 185 pagodes et temples qui ont été touchés sur l’ensemble du site. La police birmane a annoncé la fermeture temporaire de nombreux édifices au public pour des raisons de sécurité mais aussi afin d’évaluer les dégâts, de nettoyer les débris et de collecter ceux qui pourraient être réutilisés pour les restaurations à venir. Militaires et policiers sont réquisitionnés pour ce faire.
Parmi les sites fermés, le plus illustre est l’imposant temple Sulamani, situé au sud-ouest de Bagan. Lieu bouddhiste des plus visités de Birmanie, il a perdu le tambour de sa toiture et sa belle flèche sommitale. Construit en briques en 1183 par le roi Narapatisithu, il est le plus emblématique des 2834 pagodes et monuments bouddhistes de Bagan. Les murs qui l’entouraient et déterminaient l’espace sacré ne sont plus non plus.
Idem, les ornements saillants du temple de Myauk Guni (XIIIe siècle), véritable dentelle pétrifiée, se sont considérablement effrités au rythme des secousses ; la pagode Shwesandaw a perdu son dôme ; et le temple Htilominlo, dernier des grands temples bouddhistes de Bagan, édifié entre 1211 et 1218 par le roi qui lui a donné son nom, a perdu sa flèche de métal et des pans entiers de ses peintures murales intérieures sont tombées.
Si les édifices de Bagan sont d’extérieur majestueux, leurs murs sont aussi riches de peinture décorative ou religieuse, apposée a tempera sur une fine couche de chaux accrochée aux briques par un mélange de paille et de boue.

Bagan_Tremblement-de-terre_2016_Htilominlo.jpg   Bagan_Tremblement-de-terre_2016_Myauk-Guni.jpg

Les autorités birmanes se projettent déjà dans la restauration de ce patrimoine, site touristique majeur depuis que le pays s’est libéralisé après l’autodissolution de la junte en 2011. Le président birman Htin Kyaw a affirmé que « le processus de restauration serait long et plutôt coûteux ».
Aung San Suu Kyi, qui avait remporté haut la main les législatives de fin  2015 et qui dirige en pratique le pays, a demandé aux autorités « de ne pas se précipiter » pour la rénovation à venir. Elle a le souvenir du terrible séisme de 1975, encore plus dévastateur pour Bagan : à l’époque, la junte avait procédé à des restaurations qui relevaient plus de la reconstruction, ce qui avait fait rater l’inscription du site à la liste du patrimoine mondial de l’humanité.
Le gouvernement travaille d’ores et déjà en collaboration avec l’Unesco qui a déployé ses experts sur place, sans doute dans l’optique de faire classer le site à l’avenir.

source : le site Internet de Connaissance des arts

photo : © YE AUNG THU / AFP