Spectacle

bangsokolc-tey-tat-keng.jpg« Bangsokol : A Requiem for Cambodia »

Mercredi 16 mai 2018 à Paris – Cité de la musique / Philharmonie de Paris.

Ce spectacle, donné en création, réunit pour la première fois le réalisateur Rithy Panh et le compositeur Him Sophy, deux figures majeures de la renaissance de la culture cambodgienne. Le film de Rithy Panh évoque avec force le génocide des Khmers rouges, mais aussi la résistance du peuple cambodgien. La soirée s’organise comme un rituel, tantôt recueilli, tantôt léger, auquel le public est invité à s’associer dans un principe immersif mêlant images, musiques, voix et mouvements. Ce rituel est prévu pour prendre des formes différentes dans tous les pays qui comportent une importante communauté cambodgienne (Australie, États-Unis, France, Canada). Il est le résultat d'une commande de Cambodian Living Arts.

Réservation des places sur le site de la Philarmonie de Paris

« Comment commémorer le passé et honorer les deux millions d’âmes qui nous ont quittées, privées de cérémonie et de funérailles ? », s’est interrogé Prim Phloeun, directeur exécutif de Cambodian Living Arts, un organisme créé à la fin des années 90 dans le but d’assurer la renaissance culturelle du Royaume cambodgien et de transmettre des formes artistiques encore peu connues et menacées de disparaître après la dévastatrice période des Khmers rouges.
C’est ainsi qu’est née l’œuvre « Bangkosol : A Requiem for Cambodia », la première œuvre symphonique majeure en rapport avec les années sombres de domination des Khmers rouges au Cambodge et également la première collaboration entre le réalisateur Rithy Panh et le compositeur Him Sophy, tous deux survivants du génocide.

Le mot « bangsokol » (en pāli : pansukul) désigne le linceul blanc qui couvre les morts pendant les rituels bouddhistes durant lesquels ce linceul est tiré de dessus le cadavre par un bhikkhu qui le reçoit ainsi en offrande.
« Un requiem se rapporte davantage à la culture occidentale et même à la religion catholique. Nous avons donc associé le compositeur Him Sophy à un jeune chercheur bouddhiste américain, Trent Walker, qui a passé beaucoup de temps au Cambodge à étudier les textes bouddhistes et les formes artistiques liées aux rituels et cérémonies cambodgiennes », explique Prim Phloeun.
Him Sophy a grandi dans une famille de musiciens cambodgiens et a poursuivi ses études au Conservatoire de musique de Moscou. Ses différentes influences lui ont permis de créer une véritable fusion musicale mêlant un orchestre traditionnel cambodgien, un orchestre de chambre occidental et un chœur chantant des textes bouddhiques en pāli.

« Nous voulions donner une signification plus que musicale à « Bangsokol », il fallait donc inclure des images à ce Requiem. Rithy Panh, que nous avons contacté en 2013 suite à son film « L’Image Manquante », a donné une toute autre dimension au concert qui est devenu un spectacle multidisciplinaire », raconte Prim Phloeun.
Cambodian Living Arts a décidé de lancer une tournée mondiale avant même de présenter « Bangsokol » au Cambodge. Dans les villes hôtes de ce spectacle vit une diaspora cambodgienne importante qui, comme l’espère Prim Phloeun, assistera et participera aux représentations. Ces dernières seront accompagnées de différentes activités, organisées le temps d’une semaine, comme la diffusion de « L’Image Manquante » de Rithy Panh, des cérémonies dans des pagodes ou encore des groupes de discussion sur le rôle des arts en période d’après-guerre. « Cette panoplie d’événements va aider à contextualiser le spectacle », souligne Prim Phloeun. « Ce spectacle risque de faire jaillir des émotions de toutes sortes et nous voudrions qu’il y ait une interaction entre les générations, qu’elles puissent échanger et se guérir du  passé », ajoute-il.

« Bangsokol » va être accueilli dans des lieux plus prestigieux les uns que les autres et notamment au Centre des Arts de Melbourne, à la Brooklyn Academy of Music à New York, à la Cité de la musique - Philharmonie de Paris et reviendra ensuite à Phnom Penh. Pour les plus impatients, il faudra tout de même attendre jusqu’en 2019 !
« Nous voulons ramener le spectacle au Cambodge pour commémorer les quarante ans de la fin des Khmers rouges, célébrer les arts et la paix. Je tiens à remercier tous ceux qui ont participé à la production de ce spectacle. Des collaborateurs à travers le monde ont appuyé nos artistes cambodgiens pour créer ce projet totalement nouveau », conclut Prim Phloeun.
« Bangsokol : A Requiem for Cambodia » est un acte essentiel de mémoire, de réconciliation et de paix. Cambodian Living Arts espère qu’il servira d’inspiration pour les pays qui ont connu la guerre, pour reconstruire, transmettre et innover à travers les arts, offrir un espace de guérison pour ceux qui ont souffert de violents conflits et qui ont été forcés d’immigrer, et en hommage à tous ceux qui sont morts.

Source : "Le petit journal

Le site officiel de « Bangsokol »