Actualité de l'édition

Nous sélectionnons pour vous les ouvrages les plus intéressants parus.

Les éditions Sully ont publié en novembre 2007 un ouvrage qui mérite d'être signalé : "L'esprit et la Voie - Réflexions d'un moine bouddhiste sur la vie" propose en effet un ensemble d'enseignements d'Ajahn Sumedho, l'un des plus anciens disciples du maître thaïlandais Ajahn Chah, de la tradition des "moines de forêt" du Theravâda.

Cette publication est une "rareté", à plusieurs titres : les ouvrages récents, en langue française, consacrés au Theravâda ou présentant des enseignements de cette tradition, sont particulièrement peu nombreux... On les compte, à vrai dire, sur les doigts des deux mains !
De plus, il est quasi impossible de trouver des livres d'enseignants de la tradition de forêt... comme le précise le traducteur de celui-ci (disciple d'Ajahn Sumedho et bhikkhu du Monastère de Chithurst, en Angleterre) : "dans la tradition de forêt,] les enseignements ne sont pas payants et quand les gens font des dons, nous les utilisons pour imprimer des livres qui sont ensuite mis gratuitement à la disposition du public dans nos monastères."

Le Soûtra de l’Entrée dans la dimension absolue [Gaṇḍavyūha-sūtra] est un texte essentiel du Grand Véhicule en l’honneur de l’esprit d’Éveil [bodhicitta], relatif et absolu. Il raconte, à travers l’allégorie d’un voyage initiatique, la formation du bodhisattva Sudhana à sa bouddhéité intrinsèque. L’Entrée dans la dimension absolue est un long hommage poétique à la liberté des individus qui ont réalisé la vacuité de toute chose et que plus rien n’empêche de déployer d’inconcevables prodiges pour discipliner les êtres en les aidant à atteindre l’Éveil suprême.

Ce dossier ambitionne de donner matière à réflexion sur l’une des composantes fondamentales de la vie de renoncement des religieux-mendiants (bhikṣu) bouddhistes dont les origines remontent aux pratiques ascétiques des courants śramaniques de l’Inde ancienne. L’histoire du bouddhisme, sur le long terme, donne à entrevoir les modifications qui s’imposèrent progressivement aux membres du saṃgha en ce domaine par suite de l’adoption de modes de vie plus sédentarisés, du développement d’approches plus spéculatives et cognitives de la doctrine du fondateur, de l’émergence du concept mahāyānique de bouddhéité universelle supplantant l’état d’ascète accompli ou arhattva, etc. Elle montre également que malgré ces changements, malgré les milieux culturels dans lesquels se diffusa le bouddhisme, cette tradition ascétique rigoriste indienne a toujours su se maintenir au cours des siècles, a su se réinventer, se diversifier voire être revendiquée comme modèle à suivre dans des crises identitaires ou disciplinaires. Le corps apparaissait dès lors comme l’expression la plus vivante et la plus manifeste des quatre nobles vérités et comme le véhicule toujours le plus à même pour parvenir au but final, celui de la délivrance du monde des désirs et de ses souffrances.

Le Bouddha a vécu quatre-vingts ans dont le récit détaillé remplirait plusieurs volumes. La tradition, voulant cependant donner aux fidèles des repères faciles à retenir, a choisi huit grands événements de la vie du Sage, associés à huit lieux marqués par son passage. Ces huit lieux sont devenus les huit étapes du grand pèlerinage bouddhiste, que parcouraient autrefois à pied les pèlerins fervents et courageux, où se croisent de nos jours de nombreux autocars remplis de fidèles d'Asie, parfois d'Occident. 

Il existe au Japon un pèlerinage bouddhiste aussi célèbre que le Chemin de Compostelle en Europe. Il relie en une boucle 88 lieux sacrés de l’île de Shikoku sur près de 1200 kilomètres. Le chemin suit les traces du moine érudit Kôbô Daishi, natif de la région et fondateur du bouddhisme ésotérique Shingon. Les habitants de l’île accueillent et accompagnent les pèlerins avec vénération et générosité et participent à l’atmosphère particulière de ce périple.

Le moine zen Seigaku nous initie aux préceptes de l’alimentation zen, tels qu’ils sont perpétués depuis plus de sept cents ans au temple Eihei au Japon. Ce sont des règles simples et très concrètes, qui ont le pouvoir de purifier notre système interne et de nous réconcilier avec le monde qui nous entoure. Manger dans le respect de l’autre et des aliments. Cuisiner avec un esprit joyeux et bienveillant. Prendre soin de ses ustensiles comme de soi-même. Faire le service, ranger, nettoyer en prêtant attention à chacun de ses gestes. De l’usage du bol à la cuisson du riz, on découvrira que manger sainement et en pleine conscience a une influence bénéfique sur toute notre existence.

Cet ouvrage de référence, édité pour la première fois en 1930 et dont on recommande chaudement la lecture, permet à chacun de se familiariser avec l'une des expressions les plus originales de l'enseignement du Buddha et de pénétrer le cœur spirituel du Japon. L'auteur expose les principes de chaque école par le biais de conversations avec des bonzes, ce qui rend la lecture très plaisante, d'autant que ces échanges sont tenus dans le cadre de monastères célèbres et que la beauté de l'environnement participe à la sérénité du récit.

Le thème de la nature n'est que discrètement présent dans la littérature bouddhique, et ses modulations les plus expressives sont à chercher dans les textes poétiques, dont Danièle Masset propose ici une lecture transversale, limitée au domaine indo-tibétain. Cette lecture se fonde sur l'exploration d'un corpus couvrant plus de deux millénaires, depuis les stances du canon pāli jusqu'aux chants de maîtres tibétains tels que Milarépa. La nature mise en scène dans cet ensemble est vue au miroir de conventions religieuses et littéraires, mais elle constitue également un miroir du monde et de la doctrine. Elle inspire de nombreuses images fidèlement transmises au fil du temps. L'étude de ces métamorphoses est l'occasion de mettre en évidence la continuité profonde qui unit les traditions indienne et tibétaine, mais aussi de découvrir, ou de redécouvrir, un rapport à la nature qui n'est plus le nôtre, une connivence dont nous avons perdu le secret.

En Himalaya, dans la région du Langtang, les ermitages monastiques népalais de Liping et de Bakhang ont été fondés par le maître bouddhiste de la lignée Drukpa, Sengdrak Rinpoché, tout près de la frontière avec le Tibet d'où il était originaire. Moine bouddhiste et poète, Jigmé Thrinlé Gyatso s'est associé au photographe Yann Rollo van de Vyver pour réaliser cet ouvrage qui raconte simplement la vie monastique et érémitique en Himalaya.

En 1976 au Canada, le jeune Elijah Ary, quatre ans, fait des « rêves-souvenirs », à la suite desquels il cite des personnes, des noms et des lieux précis provenant d’un Tibet révolu. Ces propos exceptionnels sont authentifiés par des maîtres bouddhistes et, à l’âge de huit ans, Elijah est reconnu par le Dalaï-Lama comme le tulkou – la « renaissance » – de l’érudit tibétain Guéshé Jatsé, maître de méditation.

« Quel est ton visage avant la naissance de tes parents ? » Les kôans du ch'an (zen, en japonais), invitent chacun à contempler et à vivre sa nature véritable. À travers des anecdotes truculentes, des aphorismes surprenants, des sentences paradoxales, souvent cocasses mais toujours inspirantes, le kôan nous permet de nous débarrasser du connu et de faire l'expérience directe de la réalité.