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Monk in the city

« De nos jours, la plupart des gens méditent en fonction de leur compréhension intellectuelle. Ils se contentent de maintenir un état relaxé et nombreux sont ceux qui s’échappent ainsi en apposant le sceau de la théorie. De quoi s’agit-il ? Quand bien même leur conscience serait claire et vide ou leur assise dénuée de pensées discursives, au moment précis où se développe cet état relaxé et détendu, il ne s’agit que d’une simple expérience de félicité. Or ils pensent : « Ceci est ma méditation et personne ne connaît rien de plus éminent ». Ils croient qu’ils ont ainsi atteint la réalisation alors qu’ils n’ont fait qu’exhiber leur propre théorie. S’ils ne rencontrent pas dans cette vie un maître compétent, comme l’explique un texte du Dzogchen : 

« Leur compréhension intellectuelle est comme une pièce rapportée qui finira par se décoller. » 

Lorsqu’ils se trouvent dans des circonstances favorables ou défavorables, nombreux sont ceux qui tentent de les distinguer comme on essayerait de séparer l’eau du lait. Mais s’il est relativement facile d’intégrer les mauvaises circonstances au chemin, il est très difficile de le faire avec les bonnes. Et quand bien même ils se vanteraient d’avoir atteint la plus haute des réalisations, ils sont en réalité empêtrés dans l’arrogance et la suffisance. » 

Non, ce texte n’est pas l’œuvre d’un maître contemporain regrettant des dérives actuelles, mais bien le fait d’un maître tibétain du XVIIIe siècle

Nagarjuna

Nāgārjuna est situé au IIIe siècle de notre ère ; auteur des Stances du milieu par excellence (Madhyamaka-kārikās) et d’une douzaine d’autres œuvres authentiques préservées, il est regardé comme le fondateur de l’École dite du Milieu.

C’est un auteur central dans le bouddhisme, d’abord en rapport avec sa revendication du terme de « voie du milieu » dans un sens nouveau : chez lui, la voie médiane consiste dans l’unité de la coproduction conditionnée et de la vacuité (śūnyatā), laquelle est une réélaboration de l’idée – aussi ancienne que le bouddhisme lui-même – de non-soi. La différence fondamentale entre le non-soi des écoles anciennes et la vacuité de Nāgārjuna, c’est que, dans les premières, on se borne à constater l’absence du « soi » surimposé à une « base de désignation » (les cinq agrégats, etc.), dont les micro-éléments, en dernière analyse, sont réels (quoiqu’instantanés et interdépendants) – tandis que chez Nāgārjuna, il n’y a, en dernière analyse aucune base réelle : la vacuité, c’est le caractère introuvable, à l’examen, de la prétendue nature propre de toute chose (et non seulement de fictions brodées sur un canevas qui, lui, serait vraiment réel).

Sa pensée est centrale aussi comme point de bascule entre les écoles du bouddhisme ancien et le Mahāyāna en pleine constitution à son époque. Le rayonnement de son œuvre a été immense, à la fois dans le « monde sinisé » (Chine, Corée, Japon), et aussi là où le bouddhisme dépend du modèle tibétain (Tibet au sens large, Mongolie au sens large).

Mais nous avons, aujourd’hui à l’IEB, une autre raison, plus circonstancielle, de consacrer notre attention à Nāgārjuna : en effet, les programmes de philosophie de classe de terminale ont été modifiés à la rentrée 2020, avec entre autres choses l’entrée de quatre auteurs des « philosophies d’ailleurs », dont Nāgārjuna. C’est cela aussi qui nous a décidé à lui consacrer une « année Nāgārjuna » avec toute une série de conférences animées non seulement par les intervenants habituels de l’IEB, mais aussi par des philosophes comme Frédéric Nef et Natalie Depraz.

Stéphane Arguillère, Conseiller Pédagogique

Découvrir le cycle de cours dédié à Nāgārjuna 

Les éditions Sully ont publié en novembre 2007 un ouvrage qui mérite d'être signalé : "L'esprit et la Voie - Réflexions d'un moine bouddhiste sur la vie" propose en effet un ensemble d'enseignements d'Ajahn Sumedho, l'un des plus anciens disciples du maître thaïlandais Ajahn Chah, de la tradition des "moines de forêt" du Theravâda.

Cette publication est une "rareté", à plusieurs titres : les ouvrages récents, en langue française, consacrés au Theravâda ou présentant des enseignements de cette tradition, sont particulièrement peu nombreux... On les compte, à vrai dire, sur les doigts des deux mains !
De plus, il est quasi impossible de trouver des livres d'enseignants de la tradition de forêt... comme le précise le traducteur de celui-ci (disciple d'Ajahn Sumedho et bhikkhu du Monastère de Chithurst, en Angleterre) : "dans la tradition de forêt,] les enseignements ne sont pas payants et quand les gens font des dons, nous les utilisons pour imprimer des livres qui sont ensuite mis gratuitement à la disposition du public dans nos monastères."

Gwendoline Malrieu est restauratrice de thangkas, elle nous explique dans cette vidéo ce que représente un thangka et nous donne quelques clés de compréhension.

Elle anime un atelier de dessin et d'iconographie bouddhique à l'Institut d'Études Bouddhiques dont il est encore possible de s'inscrire : https://bit.ly/2K96SZY

Son site Internet : https://restauration-thangka.com/

Jamais à court d'imagination pour tenter de réveiller l'intérêt des Japonais vis-à-vis du bouddhisme, les responsables du temple zen rinzaï Kodai-ji de Kyōto ont présenté au public, fin février 2019, un bodhisattva androïde nommé Midar. Cette représentation hautement technologique de Kannon (Avalokiteśvara) a été programmée pour délivrer un sermon en japonais sur le Sūtra du Cœur, l'un des textes les plus populaires du Mahāyāna. 

La déforestation est une menace environnementale majeure au Cambodge. Selon un rapport de la Banque mondiale, 15% des forêts ont disparu en vingt ans. Depuis plusieurs années, des bhikkhus ("moines" bouddhistes) se sont unis au sein d’organisations telles que la Monks Community Forest (MCF) et l'Independent Monk Network for Social Justice (IMNSJ), pour lutter en faveur de leur préservation. L'une de leurs actions est de procéder à une "ordination" des arbres afin que les bûcherons, souvent bouddhistes, n'osent pas les abattre !

Le Soûtra de l’Entrée dans la dimension absolue [Gaṇḍavyūha-sūtra] est un texte essentiel du Grand Véhicule en l’honneur de l’esprit d’Éveil [bodhicitta], relatif et absolu. Il raconte, à travers l’allégorie d’un voyage initiatique, la formation du bodhisattva Sudhana à sa bouddhéité intrinsèque. L’Entrée dans la dimension absolue est un long hommage poétique à la liberté des individus qui ont réalisé la vacuité de toute chose et que plus rien n’empêche de déployer d’inconcevables prodiges pour discipliner les êtres en les aidant à atteindre l’Éveil suprême.

Le vaste programme de promotion des « Nouvelles routes de la Soie » passe aussi par des investissements majeurs dans les plus grands sites de pèlerinage bouddhiste tandis qu'une guerre contre toutes les croyances religieuses - bouddhiste, chrétienne, taoïste... - s'intensifie en Chine même et rappelle la Révolution culturelle. De nombreux temples ont été fermés ou détruits, des statues religieuses ont été démolies, les temples et églises sont réquisitionnés pour servir de salles de spectacles culturels promouvant les « valeurs fondamentales du socialisme » en lieu et place des cérémonies religieuses habituelles. Le bouddhisme tibétain, ses pratiquants et ses institutions, sont particulièrement visées...

Ce dossier ambitionne de donner matière à réflexion sur l’une des composantes fondamentales de la vie de renoncement des religieux-mendiants (bhikṣu) bouddhistes dont les origines remontent aux pratiques ascétiques des courants śramaniques de l’Inde ancienne. L’histoire du bouddhisme, sur le long terme, donne à entrevoir les modifications qui s’imposèrent progressivement aux membres du saṃgha en ce domaine par suite de l’adoption de modes de vie plus sédentarisés, du développement d’approches plus spéculatives et cognitives de la doctrine du fondateur, de l’émergence du concept mahāyānique de bouddhéité universelle supplantant l’état d’ascète accompli ou arhattva, etc. Elle montre également que malgré ces changements, malgré les milieux culturels dans lesquels se diffusa le bouddhisme, cette tradition ascétique rigoriste indienne a toujours su se maintenir au cours des siècles, a su se réinventer, se diversifier voire être revendiquée comme modèle à suivre dans des crises identitaires ou disciplinaires. Le corps apparaissait dès lors comme l’expression la plus vivante et la plus manifeste des quatre nobles vérités et comme le véhicule toujours le plus à même pour parvenir au but final, celui de la délivrance du monde des désirs et de ses souffrances.

Bientôt, au Musée Guimet de Paris...
du 19 juin au 7 octobre 2019

L’exposition met en exergue la richesse des traditions iconographiques et stylistiques se rapportant à la représentation de la vie exemplaire et édifiante du fondateur du bouddhisme.
Conçue sur un mode transversal, l’exposition confronte les modes d’expression artistique des différentes aires culturelles de l’Asie et en révèle similitudes et disparités. Articulée autour des grands « miracles » de la vie du Bienheureux (naissance, Éveil, premier sermon, accès au nirvâna), l’exposition permet d’admirer un ensemble représentatif d’œuvres issues de la collection permanente du Musée national des arts asiatiques – Guimet et de comprendre par l’illustration les épisodes de la vie du Bouddha.

Le Bouddha a vécu quatre-vingts ans dont le récit détaillé remplirait plusieurs volumes. La tradition, voulant cependant donner aux fidèles des repères faciles à retenir, a choisi huit grands événements de la vie du Sage, associés à huit lieux marqués par son passage. Ces huit lieux sont devenus les huit étapes du grand pèlerinage bouddhiste, que parcouraient autrefois à pied les pèlerins fervents et courageux, où se croisent de nos jours de nombreux autocars remplis de fidèles d'Asie, parfois d'Occident.