Actualités

Loin d'être une composante accessoire de l'enseignement ou une quelconque concession destinée à un public non savant, le récit est au cœur de la parole du Buddha (Ve s. av. J.-C.) et d'une pédagogie toujours soucieuse d'efficacité. L'une des formes d'enseignement figurant dans les listes traditionnelles est celle appelée jātaka, ou récit d'épisodes qui se sont déroulés dans une vie antérieure du Buddha Gotama, alors qu'il était un Buddha en puissance (bodhisatta). Il existe 547 de ces vies antérieures. Il a été choisi de présenter dans ce livre les "Dix Grandes Vies", que l'on désigne en Thaïlande sous le nom de Thotsachat. Elles ont un statut éminent, qu'a favorisé leur association progressive avec les dix Perfections (pāramī). 

"Il s'agit de comprendre qu'il n'y a pas d'occupation plus bénéfique dans la vie que la méditation. Peu importe s'il faut une journée ou une vie entière pour obtenir de bons résultats. Poursuivez votre méditation à un rythme détendu, sans distractions, sans pression, et vous verrez qu'il est plus facile de continuer. Il est inutile de se fixer un moment quotidien particulier, vous pouvez méditer n'importe quand dans la journée, en comprenant résolument qu'il n'existe rien de plus important que la pratique de la méditation. En fait, il n'y a rien d'autre à accomplir dans la vie."
Shamar Rinpoché (1952-2014), Mipham Chökyi Lodrö, est le XIVe Shamarpa. Né à Dergé, au Tibet, Shamar Rinpoché est reconnu par le XVIe Gyalwa Karmapa en 1957 ainsi que par le XIVe Dalaï-Lama.

Les articles rassemblés dans ce volume sont le résultat d'un projet de recherche de trois ans intitulé « Pratiques du bouddhisme tibétain à Taïwan » (2012-2015), soutenu par la fondation Chiang Ching-kuo pour les échanges scientifiques internationaux. Dans le but de contribuer aux études portant sur la globalisation des religions, ce volume adopte le concept de l'hybridité comme principal modèle d'analyse des continuités et des ruptures dans les pratiques du bouddhisme tibétain, à la fois au niveau global et en interaction avec les traditions religieuses locales des sociétés taiwanaise et chinoise. L'hybridité permet aux traditions culturelles (celles religieuses et matérielles tibétaines) de recruter de nouveaux adhérents (principalement Han) et d'être reconnues localement, régionalement et mondialement en tant que nouvelles formes de religiosité distinctes émergentes.

Ôtani Chôjun, né en 1929, est un moine de l'école bouddhique japonaise Jōdo shinshū, « la véritable école de la Terre pure ». Cette école fut fondée au XIIIe siècle par un grand réformateur, Shinran, et prit un très grand essor au XVe grâce au prosélytisme de son descendant Rennyo. Elle exerça une très grande influence dans le Japon médiéval ravagé par des guerres intestines en se diffusant largement dans la population et dans les campagnes, et de nos jours elle est la plus répandue par le nombre de ses croyants. Les moines de cette école pouvant se marier et avoir des enfants, Ôtani Chôjun est lui-même un descendant de Shinran et de Rennyo. Après avoir terminé ses études, à l'université de Tokyo le bouddhisme, le sanskrit et la littérature française, il est venu en France en 1955 où il étudia huit ans la littérature française à la Sorbonne.

Le Lalitavistara sūtra ou "Sūtra du développement des jeux du Bodhisattva" représente l'une des biographies traditionnelles du Buddha historique. Connu en Asie dès les premiers siècles de l'ère chrétienne, puis en Europe à partir du XIXe siècle, ce classique de la littérature bouddhique fut traduit plusieurs fois en chinois sous les dynasties Jin et Tang et inspira les artistes du Gandhara (Pakistan) comme ceux de Borobudur (Indonésie). Basé sur la lecture du texte sanskrit et de ses traductions chinoises, le commentaire proposé dans ce volume permet de se familiariser avec cette oeuvre unique issue de la doctrine nouvelle du mahāyāna, ou grand véhicule, tout en perpétuant des épisodes biographiques du Buddha des écoles anciennes.

Le Bodhicaryāvatāra de Śāntideva ou, selon sa version française, "L'Exposition des pratiques d'Éveil", est sans doute l'un des plus beaux fleurons de ce qu'on appelle le Bouddhisme du Grand Véhicule. Mais de quoi l'Éveil est-il exactement le nom ? C'est ce qu'essaie de dévoiler Alexis Lavis dans cet ouvrage, à travers certaines réflexions phénoménologiques, tout en révélant au lecteur la richesse sémantique des langues indo-européennes, qui cachent dans leurs racines des formes élémentaires d'être au monde... Sa traduction du chef-d'oeuvre de Śāntideva, à la fois moderne et rigoureuse, et la longue étude qu'il livre de ce texte permettront à chacun de découvrir une pensée radicalement autre, complètement méconnue du monde occidental, mais d'une beauté et d'une profondeur unique. 

Traduits pour la première fois, "Les Chants adamantins" sont constitués d’un ensemble de trois poèmes de Saraha et jouent un rôle majeur dans la tradition tantrique du mahāmūdra (le grand sceau), en Inde et au Tibet. L’adepte tantrique Saraha faisait partie des figures les plus emblématiques de l’Inde de la fin du premier millénaire, une époque à l’activité religieuse et littéraire foisonnante. Son influence sur la pratique bouddhique ainsi que la poésie s’est étendue au-delà du sous-continent indien jusqu’au Tibet, où elle continue d’avoir un réel impact sur chaque tradition liée à la pratique et à la philosophie ésotérique du mahāmūdra. Dans ces chants, le point de vue de Saraha sur la nature de l’esprit est présenté autant sous la forme de poèmes évocateurs que d’exégèses théoriques.

Entrer dans une intelligence fine des religions par des contenus déterminés est une urgence pour la réflexion théologique. Leur accès est souvent difficile car il s’agit d’entrer sans a priori, grâce à l’apprentissage de leurs langues, à l’écoute de textes et de pratiques qui font apparaître des visions du monde insoupçonnées, tout à fait singulières, voire étranges et dérangeantes. Le bouddhisme, bien qu’il semble familier aujourd’hui à beaucoup par une promotion et une instrumentalisation de sa « méditation », résiste à toute approche simpliste de ses doctrines. Le théologien Thierry-Marie Courau donne ici accès à la cohérence du chemin graduel vers l’Éveil parfait et complet d’un yogin bouddhiste du Grand Véhicule indien de la fin du VIIIe s., par une analyse des Bhāvanākrama de Kamalaśīla.

Le XIXe siècle signe la découverte intellectuelle du bouddhisme par les Occidentaux, ouvrant alors de nouvelles perspectives. Cette nouvelle religion ne ressemble pas aux religions occidentales, elle désoriente et intrigue, mais remet aussi en question nos propres conceptions métaphysiques et religieuses. Ainsi, le bouddhisme est devenu un objet intellectuel dont les philosophes se sont emparés, et qui a tout à la fois influencé leur pensée, et atteint sous leur plume le statut de mythe. Ce ou ces mythes sont aussi des déformations du bouddhisme, et révèlent à quel point le christianisme a eu un impact sur la perception de celui-ci, qui restera pendant longtemps relié au néant, au pessimisme et au nihilisme, associations qui occultent sa véritable teneur.

Le bouddhisme est-il une religion "verte" ou cette image est-elle un produit de l'imagination occidentale ? L'écobouddhisme, qui a fleuri depuis une trentaine d'années en Occident, laisse plus ou moins entendre que le bouddhisme - du fait notamment de sa vision de l'interdépendance de toutes choses - serait "écologique" par essence. Cependant, l'étude rigoureuse de la tradition originelle du Bouddha et de ses sources textuelles les plus anciennes ne permet pas d'accréditer une telle interprétation. En même temps, le bouddhisme dispose de ressources pour répondre au défi crucial de la crise écologique. Mais cela doit encore être pensé et articulé.

Les souffrances de la culpabilité s'enracinent dans les jugements négatifs que nous portons sur nos erreurs. Or nos erreurs, tant cognitives qu'afflictives, sont inévitables ; elles naissent de nos représentations émotionnelles et imprécises qui nous emprisonnent dans notre version de la réalité. Ceci n'est pas un réel problème tant que nous en sommes conscients. Clarifier notre rapport à l'erreur nous amène à être moins piégés par nos jugements, ce qui nous permet de faire de nos erreurs un matériau de transformation. Par les méthodes issues de l'enseignement du Bouddha, et notamment l'entrainement à la méditation, notre rapport aux afflictions se clarifie.