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Les Dialogues de Meou-tseu pour dissiper la confusion se présentent comme la première « défense et illustration » du bouddhisme en Chine. Ils auraient été composés par un lettré obscur, maître Meou, vivant dans les marches méridionales de l’empire des Han finissant. Versé à l’origine dans les Classiques confucéens et le Laozi, ce maître confronté à une situation politique dangereuse et chaotique, se tourne vers la « Voie du Bouddha ».
Un tel changement suscite des critiques telles qu’il doit descendre dans l’arène et tenter, à l’aide d’une rhétorique puisée dans la tradition classique chinoise, de préparer ses contemporains à l’enseignement, étrange et étranger, du Bouddha. Ses dialogues formeront plus tard un modèle pour les nombreuses controverses qui contribuèrent à définir les « trois enseignements », confucianisme, bouddhisme et taoïsme.

Pratiqué quasi-exclusivement par des Européens, le tantrisme tibétain en France est-il pour autant un bouddhisme occidental, un bouddhisme façonné et transformé par et pour les Occidentaux ? Il s'agit ici de cartographier ses tendances actuelles, de rendre compte de sa diversité et enfin de questionner le choix des "maîtres" concernant les seuils d'acculturation acceptables ou non afin de répandre l'enseignement du Bouddha.
Cécile Campergue est ethnologue, chargée de cours à l'Ucly (Lyon) et à l'IFER (Dijon) et postdoctorante au GSRL (Groupe Sociétés Religions Laïcités, CNRS-EPHE, Paris). Elle a déjà publié chez L'Harmattan sa thèse de doctorat remaniée: "Le rôle du maître dans la diffusion et la transmission du bouddhisme tibétain en France" (2012).

Parmi les maîtres bouddhistes les plus influents en Europe, le moine Thich Nhat Hanh apparaît comme incontournable. Ses très nombreux ouvrages traduits dans plusieurs langues attestent de son influence. L’originalité de la démarche s’affiche par la volonté de créer des liens avec des croyants de tous les horizons. Cet ouvrage montre tout le potentiel de sa vie et de ses enseignements, pour un dialogue avec le christianisme.
Raphael Haas est théologien, spécialiste du dialogue entre chrétiens et bouddhistes. Il enseigne la religion catholique à Bruxelles, tout en poursuivant sa recherche, après avoir étudié et vécu en Asie.

Dans « La pensée du Bouddha », le professeur Richard Gombrich, l'un des meilleurs spécialistes des études bouddhiques, soutient que le Bouddha est l'un des penseurs les plus brillants et les plus originaux de tous les temps, et que sa capacité d'abstraction a constitué une véritable percée intellectuelle. L'ouvrage se présente comme une introduction à cette pensée et, par là même, au bouddhisme. Il démontre que par l'étude des textes il est possible de retrouver la pensée originelle du Bouddha et d'en apprécier la cohérence et l'originalité en la mettant en relation avec le contexte historique des traditions brahmanique et Jaïn. L'ouvrage a reçu en 2010 le prix "Outstanding Academic Title" de l'association des bibliothèques américaines. 

L'œuvre de Dakpo Tashi Namgyal (1513- 1587), maître renommé pour ses qualités d'érudit et d'accompli dans les tantra et le mahāmudrā, occupe une grande place dans l'école Dakpo Kagyü. Son œuvre Lumière de diamant est considérée comme un ouvrage de référence par tous les pratiquants et enseignants des tantra bouddhiques. Cette présentation de la pratique selon différents types de tantra prend appui sur un vaste corpus de textes racines et de traités indiens, incompréhensibles sans l'éclairage d'un guide qui en a une expérience authentique. La carte fiable et détaillée qui s'en dégage permettra au pratiquant avancé de franchir les étapes de la voie rapide du Vajrayāna - qui conduit le bodhisattva à l'état de buddha

Les spéculations relatives aux buddha et aux bodhisattva s'épanouissent avec un remarquable dynamisme entre le Ier s. et le VIe s. de notre ère. Cette période dite « moyenne » ou intermédiaire du bouddhisme indien voit notamment l'affirmation progressive d'un nouveau courant, le Bodhisattvayāna, promouvant la voie du parfait Éveil. Le présent ouvrage retrace ces développements d'ordre « bouddhologique » au sein des milieux Mahāsānghika-Lokottaravādin, solidement implantés au Magadha et dans le nord-ouest de l'Inde. L'analyse historique se fonde sur une pratique philologique et consiste en l'étude de la formation et des vicissitudes du Mahāvastu, chapitre important de la « Corbeille de la Règle monastique » (Vinayapiṭāka) de cette école.

Premier moine japonais à avoir introduit les pratiques du Zen au Japon, Dōgen a laissé un témoignage de premier ordre sur son expérience chinoise, à travers des dialogues suivis avec Rujing (1162-1227), le maître chinois avec lequel il était entré dans des rapports communiels. Ce document permet de mieux connaître les idées et les problématiques qui habitaient le jeune moine qui, sur le modèle du pèlerin chinois Xuanzang (602-664), était parti en quête d’une intégrité religieuse tombée selon lui en déshérence dans son propre pays. Ces échanges ainsi que d’autres témoignages de l’époque chinoise présentés ici prennent leur sens une fois que l’on en situe les arguments dans l’œuvre ultérieure de Dōgen qui s’en trouve en retour éclairée et contextualisée.

Au Vietnam, le culte des ancêtres et le bouddhisme sont deux systèmes religieux distincts. Ils peuvent être juxtaposés et se chevaucher, mais leurs frontières restent relativement étanches l'un pour l'autre. Dans le contexte post-migratoire français, on observe un phénomène étonnant et nouveau : ces deux références religieuses sont amenées à entrer en contact, à s'interpénétrer. En effet, en France, les pagodes vietnamiennes intègrent les hommages aux ancêtres, et certaines d'entre elles leur accordent même une place centrale au sein de leur espace rituel. Cet ouvrage, qui s'appuie sur une enquête de terrain réalisée dans des pagodes vietnamiennes de la région parisienne, décrit les multiples aspects de ce contact entre culte des ancêtres et culte bouddhique, et analyse les raisons de ce que l'on pourrait appeler la « bouddhisation » du culte des ancêtres en France.

Les relations entre le Saṅgha bouddhique (la Communauté des bhikkhu, les « moines ») et le pouvoir politique, notamment dans les pays d’Asie du sud-est – en Birmanie, au Sri-Lanka, en Thaïlande… –, est un constant sujet de perplexité pour les Occidentaux ! Les idées reçues sur ce sujet et la complexité des situations régionales ne facilitent pas les choses, il est vrai. On accueille donc avec reconnaissance la publication d’un petit livre qui offre toutes les clés de compréhension, au moins pour le cas particulier de la Thaïlande, d’autant qu’il est téléchargeable gratuitement sur Internet – et même si l’auteur, français, le propose en anglais !

Fondateur d’une nouvelle école, Nichiren est une figure originale, centrale du bouddhisme japonais. Il a laissé dans l’histoire des religions une trace assez profonde, un enseignement assez riche et accessible, pour que des siècles après sa mort des millions de "fils spirituels" au Japon et dans le monde se réclament toujours de lui. S’il n’a pu convaincre les autorités politiques et religieuses de son temps d’accorder au « Sūtra du Lotus » l’exclusivité qu’il estimait lui être due, il a cependant donné un nouveau souffle à la propagation et à la popularisation des enseignements de ce sūtra. Comme pour tout maître spirituel, l’autorité religieuse et la légitimité de Nichiren ne reposent pas sur la maîtrise d’un savoir et de sa transmission, qui engendre une discipline et donc des disciples (comme c’était le cas par exemple dans le Moyen-Age occidental). 

Samedi 15 et dimanche 16 septembre auront lieu les "Journées européennes du Patrimoine". 
A cette occasion, plusieurs temples bouddhistes ouvrent leurs portes et proposent des visites guidées de leur lieu de culte, notamment ceux construits en Région parisienne par les populations d'Asie du sud-est. 
C'est le cas, entre autres, de la pagode Tinh Tam à Sèvres (Hauts-de-Seine), du Vatt Khemararam à Créteil et de l'Insitut Linh Son à Joinville-le-Pont (Val de Marne).