Découvrir le bouddhisme

Nous vous proposons, dans ces pages, de découvrir les fondements du bouddhisme, sa doctrine et ses pratiques, son histoire en Inde et sa diffusion - en Asie et jusqu’en Occident… , sa présence actuelle en France et dans les pays francophones européens, ainsi qu’un Glossaire des principaux termes de son vocabulaire... Dans la partie gauche de la page, le menu permet de naviguer entre les différentes pages de la rubrique, à droite s'affiche les pages de contenu.

Ce premier texte - "Une première approche" - est un résumé du contenu du "Sommaire" figurant à gauche...
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I. Les fondements du bouddhisme

Traditionnellement, on distingue trois "Joyaux" dans le bouddhisme : le Buddha, le Dharma  et le Saṃgha. Le Buddha est le Maître fondateur, le Dharma est son enseignement (doctrine et pratique) et le Saṃgha est le nom donné à la communauté de ses disciples, qui mettent en pratique cet enseignement.

Le Maître : le Buddha
Buddha est un titre honorifique attribué à tous les êtres qui, par leurs propres efforts, ont atteint l'Éveil, la "bodhi". Employé de manière absolue, "le" Buddha (avec une majuscule) désigne un homme en particulier, Siddhārta Gautama Śākyamuni, dont l'enseignement a donné naissance à ce que l'Occident appelle "bouddhisme" et qu'on connaît en Orient sous le nom de Buddha-Dharma, "l'enseignement du Buddha".

L'enseignement : le Dharma
L'enseignement du Buddha (le Dharma) est issu de sa propre expérience et non pas d’une révélation divine : il trouve son origine dans l'Éveil (la bodhi), une expérience de l'esprit, libre de toute erreur ou illusion. Cet enseignement se compose d'un ensemble doctrinal (les notions fondamentales) et d'un ensemble de conseils et de méthodes (la pratique).

Les notions fondamentales
La doctrine bouddhique est souvent présentée comme un "enseignement graduel". Le Buddha commence par exposer "notre" vision de la réalité (qui est considérée comme une "illusion"), puis il en propose une analyse nouvelle et, finalement, enseigne comment parvenir à voir les choses comme il les voit lui-même, c'est-à-dire "telles qu'elles sont"...

La pratique
La pratique regroupe différents "entraînements" et "exercices spirituels" que les disciples du Buddha mettent en oeuvre pour vérifier, par leur propre expérience personnelle, la véracité de ses enseignements et leur efficacité, en vue de progresser sur la voie spirituelle et d'atteindre ainsi son but : l'Éveil et la Libération.

La communauté : le Saṃgha
La communauté (saṃgha) des disciples du Buddha se compose, traditionnellement, de "quatre quartiers" : les "moines" (bhikṣu), les "moniales" (bhikṣunī), les laïcs hommes (upāsaka) et femmes (upāsikā). Ils se distinguent par leur statut social et leur engagement dans la pratique, en fonction des "préceptes" (ou "entraînements") qu'ils s'engagent à mettre en oeuvre.

Devenir bouddhiste
On ne devient pas bouddhiste par la naissance ou par un baptême mais par un engagement personnel dont l'expression formelle s'appelle la "Prise de Refuge" dans les "Trois Joyaux" : le Buddha, le Dharma et le Saṃgha. Cette "profession de foi" marque l'entrée dans la communauté des disciples - le Saṃgha - et le souhait de suivre l'enseignement - le Dharma - de celui qu'on appelle "l'Éveillé" - le Buddha. L’engagement de chacun, ensuite, se manifeste par le nombre et le type des "entraînements" que l’on décide de mettre en pratique.

La prise de refuges et l'observance des préceptes
L’engagement sur la Voie bouddhiste peut se faire de manière formelle, devant la Communauté, au cours de cérémonies rituelles particulières ; mais cela peut aussi se faire de manière informelle, dans sa propre intimité – car cet engagement, finalement, concerne surtout et avant tout le pratiquant lui-même ! Nous vous proposons de découvrir ici un texte traditionnel, en langue pālie, récité lors des cérémonies de "prise de refuge" et de "prise de préceptes", selon le rituel de l'école Theravāda.

II. Histoire et diffusion

Surtout connu aujourd'hui en Occident à travers les écoles tibétaines et l'école japonaise du Zen, le bouddhisme est né et s'est d'abord développé en Inde. C'est dans ce pays que l'enseignement a pris forme et s'est diversifié. Du Ve siècle avant Jésus-Christ jusqu'au XIIe siècle de notre ère, de multiples courants et écoles y ont vu le jour et, de là, ont répandu les enseignements du Buddha dans l'ensemble du continent asiatique.

Le bouddhisme : une religion missionnaire ?
Le bouddhisme s’est toujours voulu une religion missionnaire, quoique non prosélyte. Une règle impose d’ailleurs aux moines de n’enseigner que si la demande leur en a été faite par trois fois. Cela dit, dès que la communauté a compté soixante disciples parvenus à l’Eveil, le Buddha les a poussés à « parcourir le monde et diffuser la Bonne Loi, pour le bonheur et le profit du plus grand nombre ».

Bouddhisme « ancien », Mahāyāna et Vajrayāna
Doctrinalement, le bouddhisme "ancien", le Mahāyāna ("Grand Véhicule") et le Vajrayāna ("Véhicule de Diamant") se distinguent par leur vision du Buddha, leurs textes de référence (le "canon") et la "Voie" qu'elles proposent - c'est-à-dire les pratiques particulières qui en découlent.

Les grandes aires géographiques en Asie
En se diffusant hors de l'Inde, le bouddhisme s'est "acclimaté" aux cultures dans lesquelles il s'est implanté, imprimant des caractéristiques particulières aux différentes écoles des trois grandes aires géographiques de l'Asie du sud-est, de l'Extrême-Orient et du Tibet.

… et en Occident
Connu en Europe dès le Moyen-Âge, grâce aux voyageurs et aux missionnaires chrétiens, le bouddhisme ne sera véritablement étudié qu'à partir du XIXe siècle. Mais c'est au XXe siècle, seulement, que les Occidentaux commenceront à s'intéresser réellement à la "pratique" du bouddhisme, grâce aux enseignants asiatiques qui viendront s'installer en Europe et aux Etats-Unis.

III. Le bouddhisme et l’Occident

On cherche souvent à mettre une "étiquette" sur l'enseignement du Bouddha : on se demande si le bouddhisme est une religion, une philosophie, une "science de l'esprit"... Mais ces étiquettes dépendent de définitions qui ont été établies au fil des siècles, en fonction de l'histoire de l'Occident. Aucune ne lui correspond vraiment exactement ! Cela n’empêche pas de tenter des comparaisons entre le bouddhisme et les principaux systèmes de pensée qui se sont développés en Occident : religieux, comme le christianisme, ou la philosophie et la science…

Le bouddhisme est-il une religion ?
En Occident, la religion est le plus souvent définie par la croyance est un Dieu créateur, comme c’est le cas dans les trois monothéismes – ce que le bouddhisme récuse… Mais cette définition, qui se base uniquement sur un dogme, laisse de côté toutes les religions "autres" et ne tient pas compte des dimensions sacrées, sociales et rituelles… qui font aussi une religion et qui sont bien présentes dans le bouddhisme !

Question de définition...
Une religion, généralement, s'appuie sur la croyance en l'existence d'un dieu, créateur du monde et de l'homme. Elle fournit une explication "extérieure", que l'homme subit et à laquelle il doit s'adapter. Pour être "sauvé", celui-ci doit entrer en communication avec ce dieu et respecter ses commandements.

Bouddhisme et christianisme
Après avoir combattu le bouddhisme comme une "fausse" religion, jusqu’au XIXe siècle, de nombreux chrétiens, aujourd’hui, se sont rapprochés des bouddhistes et ont développé un « dialogue » fructueux… au point que certains n’hésitent plus, désormais, à se considérer comme chrétien et bouddhiste à la fois !

Le bouddhisme est-il une philosophie ?
La philosophie, qui s'appuie sur l'intelligence et la raison pour comprendre le monde et l'homme, est surtout aujourd’hui un discours théorique "sur" le monde, qui n'implique pas forcément de changer sa manière de vivre. Dans l'Antiquité, au contraire, les philosophes étaient aussi des "maîtres à vivre" et leur philosophie se voulait pratique. Le bouddhisme propose une démarche qui est plus proche de celle des philosophes antiques que des philosophes modernes, mais il ne s'appuie pas seulement sur la raison et l'intelligence…

Le bouddhisme et la science
Si le bouddhisme est parfois considéré comme une "science", c'est parce qu'il se présente comme un projet de recherche dont le domaine d'étude est l'esprit et les expériences de l'esprit. Le bouddhisme, cependant, ne tombe pas dans la croyance en l'existence d'une réalité "objective", que pourrait expérimenter un "sujet" observateur. La Voie qu'il propose doit mener au-delà de toute dualité "sujet-objet".

IV. Le bouddhisme en francophonie

L'Union Bouddhiste de France (UBF) estime aujourd'hui à un million le nombre de bouddhistes en France, asiatiques et "français de souche" confondus. On compte près de 500 lieux de pratique bouddhiste sur le territoire, de la petite salle de réunion aux plus grands complexes, dont près d'une centaine en région parisienne... Les bouddhistes "français-de-souche" représenteraient environ 300.000 personnes et se rattachent majoritairement aux écoles tibétaines et au Zen japonais. Mais il y a beaucoup plus à découvrir !...

Theravāda et méditation vipassanā
Le Theravāda (ou "Voie des Anciens"), en Occident, se présente sous deux formes : traditionnelle et "moderniste". Sous sa forme traditionnelle, le Theravāda est présent par l'intermédiaire d'une quinzaine de "monastères" (ou "vihāra") où se réunissent les communautés exilées d'Asie du Sud-est. Sous sa forme "moderniste", par l'intermédiaire de centres ou de groupes de pratique de la méditation appelée Vipassanā ("vision pénétrante"), proposant un enseignement indépendamment des formes de cultes traditionnels. Ce sont surtout ces derniers que fréquentent les Occidentaux.

Mahāyāna vietnamien et Thich Nhat Hanh
Le bouddhisme vietnamien est la forme de bouddhisme la plus répandue en France aujourd'hui... mais aussi la plus méconnue des Français ! Plus de 350.000 personnes originaires du Viêtnam vivent en effet sur le territoire et représentent ainsi plus de 60% des bouddhistes de France. Le bouddhisme vietnamien se présente essentiellement sous deux formes : la forme traditionnelle, liée à la population émigrée de l'ancienne Indochine, et une forme « moderne » représentée par le maître Thich Nhat Hanh.

Zen et écoles japonaises
Très populaire dans les médias et le langage courant ("être zen..." !), le bouddhisme japonais en francophonie ne se résume pourtant pas à cette seule école ni au seul enseignement d'un maître réputé : Taisen Deshimaru... Mais ces autres écoles japonaises restent beaucoup moins connues, alors que, par exemple, l’école tantrique du Shingon ou celle de la Terre Pure sont pourtant très présentes et influentes au Japon même ! Il existe aussi des courants "modernes", issus des "nouvelles religions japonaises", dont l’enseignement déroute souvent mais qui, elles aussi, sont bien implantés en Occident et en France.

Ecoles tibétaines (Vajrayāna et Dzogchen)
Le bouddhisme tibétain - de loin le plus populaire auprès des média occidentaux comme du grand public - relève essentiellement de deux formes tardives du bouddhisme : le Vajrayāna ou tantrisme bouddhique, qui apparut en Inde à partir du VIIe siècle de notre ère, et un courant nommé Dzogchen dont on pense qu'il se formalisa surtout, au Tibet même, à partir du Xe ou du XIe siècle. Ces enseignements sont très largement diffusés en Occident où chaque école perpétuent ses propres spécificités… mais celles-ci ne sont pas toujours connues !

V. Glossaire

Le glossaire que nous vous proposons recense les principaux termes utilisés dans les enseignements bouddhiques : noms propres des principaux personnages, noms communs utilisés pour présenter la doctrine bouddhique et ses pratiques…
La langue de référence est le sanskrit ; chaque terme est associé à une définition simple, avec des renvois internes vers d’autres mots du glossaire.