Découvrir le bouddhisme

Nous vous proposons, dans ces pages, de découvrir les fondements du bouddhisme, sa doctrine et ses pratiques, son histoire en Inde et sa diffusion - en Asie et jusqu’en Occident… , sa présence actuelle en France et dans les pays francophones européens, ainsi qu’un Glossaire des principaux termes de son vocabulaire... Dans la partie gauche de la page, le menu permet de naviguer entre les différentes pages de la rubrique, à droite s'affiche les pages de contenu.

Le bouddhisme s’est toujours voulu une religion missionnaire, quoique non prosélyte. Une règle impose d’ailleurs aux moines de n’enseigner que si la demande leur en a été faite par trois fois. Cela dit, dès que la communauté a compté soixante disciples parvenus à l’Eveil, le Bouddha les a poussés à « parcourir le monde et diffuser la Bonne Loi, pour le bonheur et le profit du plus grand nombre ».

Au Ve siècle av. J.-C., cette diffusion n’a guère dépassé la vallée du Gange que le Bouddha a parcouru durant quarante ans de prédication. Quelques disciples semblent avoir été jusqu’à la côte ouest de l’Inde, peut-être aussi jusqu’aux premiers contreforts de l’Himalaya. Durant un siècle, la Communauté monastique se divise en « citadins », installés dans les grandes villes, et en « itinérants » qui parcourent le reste du pays. Ces derniers trouvent les premiers laxistes et trop proches des laïcs dans leur mode de vie ; ils souhaitent plus de rigueur dans le respect des règles instituées par le Bouddha, car les bhikṣu (les "moines") sont sensés prêcher par l’exemple autant que par la parole… Très minoritaires encore, ils entendent frapper les esprits par leur droiture !

La situation va considérablement changer au IIIe s. av. J.-C., avec l’avènement d’Aśoka, premier souverain qui parvient à réunir sous son autorité la quasi totalité du sous-continent indien. Après avoir conquis par la force son vaste territoire, Aśoka regrette sa violence et se convertit au bouddhisme. La paix qui règne désormais profite aux bouddhistes. Aśoka lui-même se targue d’avoir envoyé des missions jusqu’en Grèce et en Egypte – mais nul ne sait si elles y sont parvenues… On est sûr, en revanche, que son fils et sa fille « évangélisent » l'île de Ceylan (Sri-Lanka), où le bouddhisme est aussitôt adopté. D’autres missions parviennent en Birmanie et au Gandhara, un territoire recouvrant une partie de l’Afghanistan et du Pakistan actuels, porte d’entrée des Routes de la Soie.

De nombreux missionaires ("moines" ou laïcs) vont désormais suivre les grandes voies de commerce de l'époque, les "Routes de la Soie" : par terre, jusqu'en Chine, dès le début de l'ère chrétienne ; par mer, en suivant les côtes de l'Indochine, jusqu'en Indonésie et au Vietnam, au IIe et IIIe siècle après Jésus-Christ. Au fur et à mesure que les nouvelles écoles se développaient, elles répandaient elles aussi leur enseignement. Il y eut ainsi plusieurs "vagues" de diffusion. Par exemple, c'est à partir du Ve siècle que les écoles nées en Chine (Tientaï, Amidisme, Zen...) ont été diffusées en Corée, au Japon et au Vietnam ; c'est à partir du VIIe siècle que les écoles du Vajrayāna, née en Inde, se diffusent au Tibet, mais aussi en Indonésie, en Chine et jusqu'au Japon. Aux environs du Xe siècle, les Musulmans s'installent en Inde du Nord et le bouddhisme disparaît de sa terre d'origine au XIIIe siècle (il a été aussi en partie "intégré" par l'hindouisme). Les royaumes musulmans vont ainsi "couper" les routes de diffusion anciennes et mettre fin aux échanges qui avaient lieu jusque-là entre les différents pays d'Asie et l'Inde.

Cela favorisera l'émergence de grands centres régionaux : Ceylan au Sud, Tibet au Nord, Chine à l'Est. Cette situation explique en grande partie les différences qui apparaissent aujourd'hui entre les trois grands courants du bouddhisme, qui correspondent à ces aires géographiques d'influence. Selon les cas une école a pu devenir majoritaire et s'imposer ou, au contraire, plusieurs écoles exister les unes à côté des autres. Parfois aussi, surtout en Indochine, des "mélanges" ont eu lieu entre plusieurs écoles.

À partir du XXe siècle, enfin, l'Occident a accueilli des représentants de presque toutes les écoles existantes en Asie, soit à la demande d'Occidentaux, soit par l'émigration de réfugiés. En Europe et en Amérique du Nord, aujourd'hui, on peut rencontrer ainsi des maîtres de très nombreuses écoles, surtout du bouddhisme tibétain ou du zen japonais.