Nombreux sont ceux qui s'interrogent sur le message que le bouddhisme peut apporter dans notre monde occidental moderne sur des problèmes qui n'étaient guère d'actualité dans l'Inde du Ve siècle avant Jésus-Christ : l'économie, la politique, les Droits de l'Homme, l'éthique scientifique, l'écologie...
Si les textes canoniques ne peuvent guère apporter de réponses précises (hormis quelques principes de base toujours utilisables, cela va de soi !), certains auteurs contemporains ont tenté, sinon de répondre, au moins de réfléchir "en bouddhistes" à de telles questions. Nous vous proposons de prendre connaissance d'un texte déjà relativement "ancien" (il date des années 60...) qui propose une application pratique des principes bouddhiques dans le monde du travail. Ce texte a été rédigé par un prince de la famille royale Thaïlandaise, Subha Svasti, responsable d'une vaste exploitation agricole. Il offre un témoignage fort intéressant de la lecture "traditionnelle" des enseignements bouddhiques appliqués au monde économique moderne !  [Nous ne présentons ici que quelques extraits significatifs de ce texte]

Des fouilles archéologiques menées en 1896, près du village népalais de Rummindei, ont permis de retrouver le site historique de Lumbini, traditionnellement considéré comme le lieu de naissance du Buddha Gautama. Inscrit au patrimoine mondial de l'Unesco en 1997, Lumbini est naturellement devenu un pôle de pèlerinage important et de nombreux aménagements y ont été accomplis depuis quelques décennies : des temples modernes, de diverses traditions bouddhiques, s'y multiplient depuis pour accueillir les pèlerins, tandis que les fouilles se poursuivent...
Fin novembre 2013, une équipe internationale d'archéologues a découvert les fondations d'un temple qu'on a pu dater du VIe s. avant notre ère, et l'on s'est aussitôt empressé de remettre en cause la datation désormais admise de la vie du Buddha !
Pourtant, rien n'atteste avec certitude que ce lieu ait bien été celui de la naissance du Buddha...

Le canon pâli est l’ensemble des écritures sacrées de l’école bouddhiste Theravâda. C’est le plus ancien canon complet qui ait été conservé jusqu’à nos jours, de l’immense littérature des écoles bouddhistes indiennes. De plus, selon la tradition, il est aussi le premier à avoir été mis par écrit, dans l’île de Ceylan, aux alentours de l’ère chrétienne.
Cela dit, sa première édition imprimée ne date pourtant que de 1900, après avoir été, durant plus de 2000 ans, conservé sous forme de manuscrits sur feuilles de palmes – dont le plus ancien exemplaire conservé date du XVe siècle –, eux-mêmes rédigés sur la base d’une transmission orale qui remonterait aux enseignements même du Bouddha historique, Gotama.

par Dominique Trotignon, Directeur de l'UBE

[ce texte est celui d'une conférence donnée le 31 mai 2008, en la cathédrale de Rouen,
à l'occasion d'une "Disputatio" boudhisme-christianisme, dans le cadre des "Fêtes Jeanne-d'Arc"]

La mort est un phénomène si évident, pour nous, qu’il paraît impossible que quiconque puisse le remettre en cause.
« Tous les hommes sont mortels » ; la formule est connue. Et les civilisations elles-mêmes, Paul Valéry nous l’a appris, sont elles aussi mortelles...
Nul n’échappe à la mort – les bouddhistes, apparemment, ne disent pas autre chose : une stance du Dhammapada, un recueil d’aphorismes que tous les bouddhistes connaissent, déclare :
« Ni dans l’air, ni dans les profondeurs de l’océan, ni dans les hauteurs des rochers, nulle part dans le monde il n’existe aucune place où l’on puisse trouver un abri contre la mort. »

La « méditation vipassanā » connaît aujourd'hui, en Occident, un succès étonnant... Cette pratique, particulièrement mise à l'honneur dans les pays d'Asie du sud-est suivant l'enseignement bouddhique du Theravāda, est considérée comme « le chemin le plus court » pour atteindre l'Éveil et la Libération. Il existe désormais de nombreux ouvrages évoquant son apprentissage, tel qu'il est enseigné en Thaïlande, en Birmanie ou en Occident, dans des centres ou des monastères spécialement aménagés pour des laïcs. Il est plus rare, en revanche, de disposer de témoignages de son enseignement dans son contexte traditionnel asiatique, notamment au Laos. C'est pourquoi le témoignage d'Amphay Doré se révèle particulièrement intéressant...
Né au Laos en 1940, d’un père français et d’une mère lao, Amphay Doré s'engagea, pour une période de quelques mois, dans une pratique intensive de vipassanā. Il vécut cette expérience, avant les bouleversements politiques qui frappèrent le Laos en 1975, dans le cadre traditionnel des « moines de forêt », vivant en ermite dans la jungle. La pratique de vipassanā n'y était pas enseignée afin de profiter pleinement du monde à chaque instant mais, comme le lui précisa son instructeur, afin de ressentir « un écoeurement de l’illusion d’être homme ou femme » et de mettre ainsi fin, définitivement, à toute souffrance (dukkha), conformément aux enseignements du Buddha.
Psychologue et ethnologue de formation, Amphay Doré nous donne un témoignage unique de cette expérience dans un petit livre intitulé « L'école de la forêt. Un itinéraire spirituel lao », dont nous vous proposons de découvrir un large extrait.

L’opposition entre un « petit » et un « grand » « Véhicules » est extrêmement courante dans le bouddhisme, aujourd’hui, tant en Asie qu’en Occident. Très souvent, on utilise aussi l’expression de « petit véhicule » pour désigner l’école Theravāda, la plus ancienne des écoles bouddhistes actuelles, présente dans toute l’Asie du sud-est, alors que les écoles qui se sont implantées et développées dans le reste de l’Asie (Extrême-orient, Himalaya ou Asie centrale) se réclament, elles, du « grand véhicule ».
L’emploi de l’expression « grand véhicule » ne pose a priori aucun problème, mais il n’en va pas de même pour celle de « petit véhicule », qui se révèle nettement péjoratif. De plus, malgré certaines permanences, la définition qui en a été donnée a varié au cours des siècles et s’est différenciée dans ses emplois, notamment entre l’Extrême-Orient et l’aire tibétaine. Elle masque aussi, en partie, des réalités historiques dont on a souvent sous-estimé l’importance et la valeur - et les chercheurs occidentaux, dans ce domaine, ne sont pas exempts d’une certaine responsabilité…
Les emplois actuels de l’expression de « petit véhicule » relèvent en fait d’une grande confusion, qui mêle des définitions et des usages d’époques et de lieux différents, et procède à des assimilations souvent tout à fait surprenantes. Une approche historique et systématique devrait permettre de lever certaines des ambiguïtés les plus flagrantes et de débrouiller l’écheveau des significations comme des emplois les plus abusifs. C’est ce que cet article se propose de tenter...

Alors que le sujet passionne - généralement... -, peu de textes ou de livres, pourtant, ont été consacrés à ce que serait un discours propre au bouddhisme concernant la sexualité... En 1994, Bernard Faure a publié un "Sexualités bouddhiques - entre désirs et réalités" qui reste l'ouvrage de référence sur la question (édition Le Mail ; réédité en 2005, en poche, dans la collection "Champs" chez Flammarion). On trouve sur Internet quelques mentions des prises de position du Dalaï-lama sur l'homosexualité - qui ont varié avec le temps - et, d'ailleurs, beaucoup plus de choses sur "bouddhisme et homosexualité" que sur "bouddhisme et sexualité" en général...

C'est que tout le monde - ou presque - s'accorde à dire que le bouddhisme ne s'intéresse pas à la sexualité en tant que telle, mais bien seulement comme à un aspect du désir, la "soif". Il n'y aurait donc pas de discours bouddhiste particulier sur la sexualité : seul importerait le fait de ne faire souffrir ni soi-même ni autrui...
La réalité, comme souvent, est beaucoup plus nuancée - et pas forcément en accord avec le désir du plus grand nombre des Occidentaux ! Et pour le dire franchement : les bouddhistes - asiatiques, notamment - sont généralement assez stricts sur ce sujet... et quelle que soit l'école à laquelle ils appartiennent.
Parmi d'autres témoignages, nous vous proposons celui de Bhante Hénépola Gunaratana.

Le Maître vietnamien Thich Nhat Hanh ne s'attendait certainement pas, en publiant en 1975 The Miracle of Mindfulness  (« Le Miracle de la Pleine conscience »), que le terme qu'il avait utilisé pour désigner la pratique bouddhique qu'il enseignait aurait un tel succès ! On ne compte plus, aujourd'hui, les livres parus sur ce thème, les émissions de télévision ou de radio qui lui sont consacrées, les articles de presse, les recherches scientifiques... qui, tous, vantent ses mérites et entendent propager sa pratique dans tous les domaines, privés ou publics, à la maison, à l'hôpital, à l'école, au travail... Cette mode - car c'en est bien une... - n'a-t-elle que des avantages - autres que purement commerciaux ? Faut-il s'en plaindre et le regretter ? Met-elle en danger les enseignements bouddhiques dans leur transmission traditionnelle ?

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